
Le peuple ivoirien est composé d’une mosaïque d’innombrables groupes ethniques – cette complexité est l’effet direct des frontières tracées au cordeau en Afrique par les anciens empires coloniaux.



La Côte d’Ivoire est aujourd’hui habitée par pas moins d’une soixantaine de groupes ethniques, les chercheurs eux-mêmes sont incapables de les dénombrer exactement. Ils sont venus ici de différentes parties du continent, ils parlent de nombreuses langues, ils ont conservé des coutumes et des croyances différentes. C’est impossible de rencontrer toutes les tribus. Mais vous pouvez – vous devez ! – faire la connaissance de l’une d’elles au moins, car c’est pour nous, Européens, une fenêtre sur un monde qui défie le concept d’unification des cultures et se souvient encore de la sagesse de ses ancêtres.


Les groupes ethniques en Côte d’Ivoire

Il existe quatre principaux groupes ethniques en Côte d’Ivoire : Akan, Mandé, Voltaïque et Krou. Chacun d’entre eux comporte un grand nombre de sous-groupes, liés par exemple par des coutumes ou une origine commune : Akan, le groupe le plus nombreux (environ 40% de la population totale), vient du Ghana et comprend les peuples d’Akyé, Abidji, Abouré, Gwa, Abbey, Adioukrou, Ehotilé, Baoulé et bien d’autres.
Le village que nous avons visité s’appelle Silakoro et se situe au nord-ouest du pays, près de la frontière avec la Guinée. Il est habité par le peuple de Dan, également appelé Yacouba, appartenant au groupe Mandé. Son organisation sociale est patriarcale avec un chef à la tête du village, à qui nous avons d’ailleurs demandé la permission de leur rendre visite avant notre arrivée.
Le peuple de Dan ne reconnaît qu’un seul dieu – Zlan. Son pouvoir se manifeste dans les forces de la nature et à travers les esprits de ses ancêtres incarnés par de beaux masques sculptés à la main. Vous pouvez en acheter, à Man ou à Korhogo, auprès d’artistes locaux. Certains ont l’air assez effrayants et – si vous décidez rapporter un chez vous – ils risque de faire peur à vos colocataires.
Alors que j’étais en train de négocier le prix du masque d’une femme de la tribu Dan, on m’a précisé que – pour qu’elle m’apporte le bonheur – il fallait lui donner un vrai nom et lui parler souvent. Je l’ai donc baptisée Christine, mais il m’a fallu plusieurs jours de négociations avec mon mec pour qu’elle puisse occuper une place de choix sur les murs de notre salon !


Danse rituelle des masques
De nombreuses tribus Ivoiriennes seront ravies de réaliser une danse rituelle pour leurs visiteurs, néanmoins vous devez à l’avance demander l’accord du chef du village et négocier son prix. Votre argent sera consacré aux besoins de la communauté locale, et les besoins sont nombreux. Le tourisme joue un rôle important ici – non seulement il contribue au budget du village, mais il participe également au maintien des traditions tribales.





La danse était composée de trois parties : la première, collective, a été présentée par plusieurs hommes, la deuxième et la troisième ont été effectuées avec des masques sacrés : un masque de femme (sur pilotis), et un masque d’homme (en robe de paille). Tout cela au rythme des tambours, mystérieux et inconcevable.






Danses sacrées
Les danses sacrées, dites rituelles, ne sont jamais montrées aux non-initiés dans leur intégralité – et ce, quels que soient les spectateurs : Européens ou Africains. Seule leur partie « théâtrale » peut être présentée au public.
Dans l’ouest du pays, la danse des échassiers est pratiquée par le peuple Yacouba (Dan). Les jongleurs Guérés sont connus pour leur danse pendant laquelle ils lancent en l’air leurs petites filles. Au nord, le peuple Sénoufo est célèbre pour la danse des vierges N’Goro (village de Niofoin) et la danse du léopard (danse du Boloy).


Sources
- Côte d’Ivoire, Petit Futé, 2019.
- Atlas historique de l’Afrique, Bernard Lugan, 2018.
- Groupes ethniques, Côte d’Ivoire Tourisme.
- Côte d’Ivoire, CEFAN.
- Danses Traditionnelles, Cote d’Ivoire Tourisme.