Zanzibar : les multiples facettes du tourisme

Unguja, une île surnommé du nom de l’archipel de Zanzibar, ce n’est pas juste un endroit pittoresque – c’est un véritable brassage de cultures : sa démographie, son architecture et sa cuisine dévoilent la richesse des influences auxquelles cette île magique a été soumise tout au long de l’histoire. De ses premiers habitants, pêcheurs venant de la côte africaine, aux colons britanniques, l’île aura tout connu avant son intégration à la Tanzanie : les Perses, les Portugais et même les sultans d’Oman avec leur commerce d’esclaves.

Zanzibar fut jadis un lieu de commerce très important, un endroit de sinistre renom pour sa traite négrière et même une capitale du sultanat d’Oman. C’est aujourd’hui une destination courue pour les voyages de noces, ou une échappée sur ses plages de corail avant ou après un safari sur les plaines du Serengeti. Cette île est même une triste illustration du tourisme de masse et ses effets désastreux sur la population locale et l’environnement.

À quoi s’attendre une fois sur place ? Est-ce juste des eaux turquoises que Zanzibar peut nous offrir ? Voyons pourquoi cette île aux épices mérite un séjour plus « réfléchi » et plus long que quelques nuitées dans une hutte au bord de la mer.

L’archipel est formé de trois îles principales (Unguja, Pemba et Mafia) et de plusieurs autres petites îles.

Stone Town

Stone Town, un vieux quartier de la ville de Zanzibar, est un véritable joyau parmi les vieilles villes africaines. La colonisation portugaise de la côte est de l’Afrique, au cours de laquelle l’explorateur Vasco de Gama a joué un rôle non négligeable, est à l’origine de la ville de Zanzibar au XVI siècle. 

Stone Town
Stone Town

L’architecture de la ville, mélange de cultures arabe, indienne, européenne et africaine, est marquée par des rues étroites où flottent les arômes des épices et chatoient des couleurs chaudes de l’Orient.

Dans le passé, la ville était le centre de la traite négrière entre l’Afrique de l’Est et l’Asie.

Stone Town tire son nom des maisons construites avec la pierre locale par les marchands arabes d’esclaves au cours du XIXe siècle. On estime qu’environ 600 000 esclaves ont été vendus via Zanzibar entre 1830 et 1863. Le Monument aux esclaves qui se trouve sur l’emplacement de l’ancien marché de ce « bois d’ébène » en est le témoin.

Pour rendre cet endroit encore plus symbolique, dans un de bas-côtés de la nef de cette église, des artistes locaux ont placé un crucifix fabriqué du bois de l’arbre sous lequel le coeur de David Livingstone a été enterré. Ce fameux chercheur et activiste anti-esclavagiste a débuté ses explorations de l’Afrique au départ de Zanzibar ; il a perdu la vie des années après sur l’actuel territoire de la Zambie. 

Le corps de Livingstone, mort de paludisme, a été renvoyé en Angleterre, à l’exception de son coeur qui appartenait à cette Afrique à laquelle il avait sacrifié sa vie.

Personnages intéressants liés à Stone Town

Freddie Mercury (Farrokh Bulsara) y est né en 1946.

David Livingstone, explorateur et missionnaire, y prépara sa dernière expédition en 1866

Les fameux explorateurs, Henry Morton Stanley et Richard Francis Burton, ont commencé leurs voyages depuis cette île.

Emily Ruete, princesse de Zanzibar et d’Oman née Sayyida Salme, fille du sultan de Zanzibar et d’Oman a grandi dans le palais de Zanzibar avant de s’en échapper pour l’Europe.


La cuisine zanzibarite, une cuisine multiculturelle

Que mange t-on à Zanzibar ?  Issue de plusieurs influences, la cuisine locale est odorante et relevée sans être trop piquante. La production d’épices est d’ailleurs l’une des activités principales de l’île. Alors, préparez-vous pour une véritable explosion de couleurs et de saveurs : poissons à chair tendre, fruits de mer tout frais et beignets de viande de toutes sortes, sans oublier la fameuse Zanzibar Pizza (à découvrir au marché de Forodhani Gardens) vous feront voyager au travers des continents africain et asiatique.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que les plats servis aux touristes sont beaucoup plus travaillés que le simple repas d’une famille locale. Les habitants de l’île se contentent de pain, de manioc ou de bananes. Pour le déjeuner et le dîner on consomme le riz avec des haricots ou d’autres légumes, le riz étant un composant principal de chaque plat. 

Une chose à ne pas rater : une soirée grillades au Forodhani Gardens, avec ses fumets alléchants. On y trouvera tout pour émerveiller nos papilles. Regardez plus bas !


Les brochettes appelées mishkaki.

La Foret de Jozani

Le parc national Jozani Chwaka Bay, plus grande zone forestière de l’archipel, se trouve sur l’île d’Unguja. Cette jungle marécageuse abrite une grande population de colobes roux, emblème des efforts pour la protection de la nature à Zanzibar. 

De plus, si on a de la chance, on peut y rencontrer d’autres espèces intéressantes : du céphalophe d’Ader au singe bleu, en passant par le daman et le galago, sans oublier de mentionner les papillons multicolores. La forêt se compose de dizaines d’espèces d’arbres plantés et d’espèces primaires, comme l’acajou rouge ou le takamaka. Le sentier principal du parc se parcourt en compagnie d’un guide local. 

Le Colobe roux de Zanzibar, reconnu comme espèce menacée. Les adultes ont le pelage du ventre blanc, le dos roux et le visage et les pattes noires.
Une balade sur les passerelles surplombant la mangrove.
Cela vaut la peine d’y aller en vélo, si votre hébergement n’est pas trop loin.

Les effets du tourisme de masse sur l’écosystème de Zanzibar

Kizimkazi est un village de pêcheurs sur la côte sud de Zanzibar, situé à cinq kilomètres au sud-est de la mosquée Kizimkazi. Ces dernières années, Kizimkazi est devenue une attraction touristique majeure en raison des excursions en bateau organisées pour amener les visiteurs au large des côtes dans le but d’observer les dauphins. L’objectif vendu par les agences de tourisme est de réaliser un rêve d’enfant : nager avec ces mammifères empathiques et malicieux.

Réfléchissons bien avant de faire cela – l’organisation The Whale and Dolphin Conservation Society (WDCS) indique que nager près des grands dauphins et essayer de les toucher peut être très stressant pour ces créatures aquatiques. Cela peut les perturber, les empêcher de se nourrir ou de nourrir leurs petits ; je ne mentionne même pas les maladies qui peuvent être transmises de part et d’autres. 

Cela vaut-il vraiment la peine de déranger ces animaux bienveillants ? On peut ressentir un grand bénéfice à nager avec les dauphins, les scientifiques ont démontré que leurs interactions avec les humains pouvaient se révéler apaisantes pour la santé mentale. Hélas, l’échange n’est pas toujours réciproque, surtout quand les dauphins se font pourchasser par une flottille de bateaux et des hordes de touristes surexcités.

Le tourisme en soutien de l’économie locale

Zanzibar est une destination facile, même pour les débutants en voyages africains. L’île a beaucoup à offrir pour ceux qui cherchent le repos dans un endroit paradisiaque, tout en proposant les richesses de son histoire et de sa culture. Car Zanzibar a mieux à offrir que ses plages dorées et ses eaux turquoises. 

Favorisons donc les hébergements dirigés par des locaux, mangeons localement, prenons des guides indépendants pour soutenir les vrais habitants de Zanzibar et pas ceux qui nous imposent une nouvelle version du colonialisme déguisé en une promesse de vacances sous les palmiers.

La côte








Sources

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