Les gorilles des montagnes de Bwindi

Nous l’appelons la forêt impénétrable non sans raison – on ne peut traverser sa végétation luxuriante qu’à l’aide d’une machette. À la périphérie de la vallée du Grand Rift, dans le sud-est de l’Ouganda, les forêts équatoriales du parc national de Bwindi abritent plus de quatre cents gorilles des montagnes, ce qui en fait le lieu protégeant la plus grande population de gorilles au monde.

Ces intelligents primates ne vivent que dans les jungles denses et montagneuses de quatre parcs nationaux dans le monde — dans le parc de Bwindi en Ouganda, le parc national des volcans du Rwanda, le parc national Mgahinga en Ouganda et le fameux parc Virunga en RDC, ces trois derniers s’étendant tout au long de la chaîne volcanique des Virunga.

Bwindi et ses alentours sont une destination extrêmement enrichissante pour tous les amoureux de la nature et des villages africains.  Quelque chose d’idyllique émane de ces collines vertes émaillées de champs dorés. Au loin, les vagues sombres de la forêt impénétrable créent un contraste saisissant avec ces paysages tranquilles de terres cultivées.



La façon la plus simple d’organiser cette randonnée atypique est de passer par une agence locale — la communication par mail avec l’administration du parc était en effet tellement pénible que l’aide de l’agence s’est révélée précieuse. Elle peut vous aider à trouver un logement, selon le secteur où vous suivrez les gorilles. Votre lodge doit être à proximité de la porte où commence votre randonnée, car on doit se réveiller très tôt le matin.

Prévenez l’agence que vous souhaitez une promenade plus longue pour profiter pleinement de la forêt, car la randonnée des gorilles peut prendre de 15 minutes à 4 heures.

Car je suppose naïvement que vous aimerez une aventure plus difficile qu’une simple promenade, pour voir vos gorilles bien-aimés. Les gorilles continuent de se déplacer dans la forêt et il se peut que vous deviez faire un sacré bout de chemin pour se retrouver à leur proximité. Pendant la traversée de la jungle, faites attention à ne pas chuter sur le dos d’un silverback qui peut dormir en bas d’un escarpement !

Plus d’informations sur les gorilles dans l’article sur Virunga en RDC.


La forêt ne se laisse pas pénétrer facilement — ses arbres et buissons luxuriants tressent un véritable mur de branches, de feuilles, d’épines et de lianes . Tout cela peut faire de la rencontre avec les gorilles un véritable défi. D’ailleurs, l’observation de ces primates elle-même n’a  pas été toujours facile ni directe pour nous, car ils se cachaient souvent derrière des buissons denses qui nous privaient du plaisir de les observer.

De plus, dans le secteur de Rushaga, où nous avons fait notre randonnée, le terrain est très raide donc on a dû monter et descendre sans cesse pour suivre le rythme des gorilles. Mais au final, on a trouvé beaucoup de plaisir à ce rallye forestier qui n’a fait que nous mettre en appétit pour cette rencontre avec nos ancêtres.

Rushaga

Le parc de Bwindi est divisé en quatre secteur : Rushaga au sud-ouest (celui que nous avons visité), Buhoma au nord (la plus grande population de gorilles), le secteur de Ruhija à l’est et le secteur de Nkuringo au sud. Prenez le temps de réfléchir avant de choisir celui qui correspond le mieux à votre itinéraire, les pistes autour du parc étant assez difficiles à parcourir rapidement en voiture.

Les groupes qui partent à la rencontre des familles de gorilles de Rushaga, au nombre de cinq,  ne peuvent compter que 8 personnes au maximum. 

Ce secteur dispose d’une large sélection de lodges de luxe, de milieu de gamme et bon marché. En dehors du trekking des gorilles, le secteur de Rushaga est un centre d’expériences d’habituation des gorilles. Chaque jour, deux familles de gorilles font partie du programme (4 personnes maximum ; son coût ? La bagatelle de 1500 USD par personne !).


Les gorilles et les habitants : en faire un gagnant-gagnant

La destruction de l’habitat, l’agriculture, la croissance démographique restent toujours une menace pour la survie des gorilles. Cependant, le jeu devrait être gagnant-gagnant, à la fois pour la faune protégée et pour les populations locales qui abandonnent leurs terres, donc leurs gains agricoles, au profit de l’environnement.

Selon Emmanuel de Merode, anthropologue et primatologue connu pour ce qu’il fait  à la tête des Virunga, les parcs africains devraient soutenir des populations vivant à leur proximité, car elles, les premières, subissent les conséquences des décisions prises en faveur de la protection de la nature : l’interdiction de couper les arbres pour le charbon de bois (makala), parfois seule source d’énergie pour les habitants, et de celle de cultiver le sol fertile des parcs. Selon Monsieur de Merode, il faut donner aux populations locales une alternative à ces restrictions afin de les compenser la perte économique qui en résulte.

Les villages voisins de la forêt de Bwindi tirent bénéfice de la popularité du parc auprès des touristes : on y crée de plus en plus d’éco-auberges qui offrent de nombreuses attractions à leurs visiteurs, à la fois culturelles et sportives. Faire une promenade dans la région, en compagnie d’un guide qui vous en dira plus sur les coutumes locales et les défis auxquels fait face le peuple ougandais, vaut vraiment le détour. 

Et de ce fait, nous, les touristes, avons une opportunité de participer à des initiatives écotouristiques menées par les habitants. Dans le village de Bwindi, le Bwindi Bar offre un emploi aux adultes sans aucune expérience professionnelle. Autour de Mgahinga, les anciens de la tribu Batwa servent de guides aux visiteurs lors de la randonnée dans la forêt, au long du sentier Batwa, expliquant comment leur tribu utilise les plantes médicinales selon une tradition ancestrale.

Pour en savoir plus sur les gorilles des montagnes, lisez cet article sur le Parc National des Virunga à RD Congo.

Sources

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