Le lac Victoria : à la recherche d’un bec-en-sabot

Le principal objectif de notre venue à Entebbe était, en dehors des croisières sur le plus grand lac d’Afrique, la recherche d’un oiseau atypique, mystérieux et rare. Lorsque l’on croise son regard noir derrière son bec gigantesque, on a l’impression de revenir à la préhistoire.

Cet oiseau légendaire, le bec-en-sabot, ne vit que dans certains marais africains. Depuis que je l’ai vu dans un documentaire sur la faune d’Afrique de l’Est, je n’ai fait que rêver de le rencontrer en vrai.


Les marais de Mabamba

Les marais de Mabamba, situés à côté d’Entebbe et du lac Victoria, sont l’un des endroits en Ouganda qui abritent les becs-en-sabot. L’excursion dans les marais peut être organisée pour vous par de nombreuses agences de voyage locales ; elles vous fournissent un canoë en bois et un guide spécialisé afin de vous aider à le débusquer au milieu des roseaux. Attention ! Repérer ces oiseaux ne doit pas être pris comme acquis, sinon vous risquez d’être très déçu. Les becs-en-sabot sont extrêmement timides et s’envolent à la moindre intrusion dans leur territoire.

Martin-pêcheur huppé dans un bosquet de papyrus
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Grues royales

Pourtant, nous avons eu la chance d’en entrevoir un pendant quelques minutes avant qu’il ne disparaisse derrière un bosquet de papyrus.

En dehors des bec-en-sabot, les marais accueillent de nombreuses espèces d’oiseaux telles que les martins-pêcheurs, les hérons noirs, les gobe mouches des marais, les jabirus d’Afrique, et bien d’autres encore.

Martin-pêcheur pie ou Alcyon pie
Calao à joues grises
Marais Mabamba

Le Lac Victoria

Découvert par l’explorateur britannique Speke, premier Européen officiellement arrivé sur ses rives en 1858, le lac Victoria est le plus grand lac d’Afrique et le deuxième plus grand lac du monde. Le Nil Victoria, qui se poursuit par le fameux Nil qui traverse l’Égypte, y trouve sa source.

Le lac Victoria est situé au cœur d’une région densément peuplée, à cheval sur le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie. Le rôle qu’il remplit dans la vie des gens qui habitent ses alentours est depuis la nuit de temps essentiel – l’eau potable, l’agriculture, la nourriture et même l’électricité en dépendent aujourd’hui.

Ce lac illustre les effets déplorables de l’intervention humaine dans l’écosystème. L’introduction dans le lac de la perche du Nil en 1954 était en effet censée améliorer les conditions de pêche et d’alimentation locales en raison de la grande taille et la chair grasse de ce prédateur féroce.

Le poisson a hélas anéanti d’autres poissons vivant dans le lac, notamment de nombreux espèces de cichlidés. Or, la présence des cichlidés maintenait l’équilibre écologique du milieu ; leur rapide disparition a provoqué la prolifération d’algues dans le lac, lesquelles ont réduit la quantité de l’oxygène dans ses eaux. Le manque d’oxygène menace d’autres espèces de poissons. Les jeux dangereux de l’homme avec Dame Nature se sont soldés aussi par l’augmentation de la population de moustiques, porteurs de maladies mortelles et arme de destruction massive en Afrique.

Les populations de poissons les plus proches du rivage ayant disparu, les pêcheurs s’aventurent de plus en plus loin dans le lac, pratique très dangereuse vu la hauteur des vague et le mauvais état de leurs embarcations. Ainsi, le coût du poisson augmente encore : les bateaux doivent être plus gros, les filets plus longs, et les réserves de carburant plus importantes. Pour en lire plus.

Le Lac Victoria au coucher du soleil
Le lac Victoria depuis Entebbe Botanical Gardens

Sources