Côte d’Ivoire en un mot, une phrase, un souvenir ? Impensable ! Ce pays parle tant de langues, abrite tant de tribus et change si rapidement de paysages qu’il est impossible de lui coller une étiquette.
Dans le sud, il nous émerveille avec ses lagunes bleues et ses forêts impénétrables. Dans le golfe de Guinée et sa capitale économique, Abidjan, son air humide nous colle à la peau. Lors des sorties au bazar d’Adjamé, on est assailli par l’odeur de poisson séché et de viande pourrissant au soleil. Kapuscinski l’appelait « l’odeur des tropiques ».
Dans le nord, sa chaleur impitoyable nous ôte l’appétit et immobilise ses habitants sous les dômes denses des manguiers. Car si l’arbre à palabres existait, ce serait le manguier en Côte d’Ivoire. Les manguiers ont été importés d’Asie vers l’Afrique par les Arabes – dans le nord du pays, les manguiers font partie intégrante du paysage.
Si l’on continue vers la frontière avec la Guinée, on est frappé à la vue des montagnes noyées dans la fumée des brûlis, et par les villes où rugissent les klaxons des moto-taxis et les cris des vendeurs de rue.
Ici tout est en évolution, tout s’agite, rien n’est définitivement acquis. La seule constante, ce sont les gens, toujours curieux de nous : « De Pologne? Votre pape est venu pour voir notre cathédrale, la plus grande d’Afrique! », « Lewandowski! » (le joueur de foot), et même ce malheureux « Jaruzelski! » (un homme d’état connu pour sa main de fer pendant la période soviétique en Pologne).
C’est de cette façon qu’ils nous saluent à chaque occasion : au marché, dans le maquis (bar-restau) et dans le taxi. Les Ivoiriens nous montrent la vraie notion de l’hospitalité, « l’akwaba ». Bien que notre peau blanche nous pèse ici, comme partout en Afrique.



Le survol du pays
Ici, chaque visiteur trouvera son bonheur. On peut choisir entre les plages plantées de cocotiers à Grand Bassam et à Grand Béréby, les jungles tropicales de Taï et les savanes ensoleillées du nord, ou encore les villages traditionnels et leurs nombreuses tribus.
La Côte d’Ivoire, c’est aller à la rencontre de la culture et de la mentalité de ses habitants, c’est plonger dans des discussions sans fin avec eux. Les Ivoiriens sont aussi polis qu’ils peuvent être méfiants et superstitieux – l’animisme, la croyance aux amulettes, aux masques, au pouvoir des pierres, des forêts et autres éléments dits sacrés – fait partie intégrante de leur vie, quelle que soit leur confession déclarée sur le papier.
Abidjan – Gagnoa – Soubré – Tai – Man – Odienné – Korhogo – Grand Bassam – Assinie Mafia

Fiche pays
- Capitale politique : Yamoussoukro.
- Capitale économique : Abidjan.
- Devise : franc CFA.
- Système politique : présidentiel.
- Surface : 322 000 km2.
- Langue officielle : français.
- Symboles nationales : éléphant, couleurs nationales : orange, blanc, vert.
- Religions : islam, christianisme, animisme.
- Population : 25 m (2018)
- Âge moyen : 20,7 ans.
- Préfixe tél. : 00 225
- Changement d’heure : +1h en hiver, +2h en été.
- Quand visiter : saison sèche: déc – fév.
- Source : World Bank, The World Factbook, Fiche Pays.
Abidjan
Promenade dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire : du quartier bondé du Plateau, par le marché coloré d’Adjamé, jusqu’aux boîtes de nuit vibrantes des rythmes africains à Blockhauss.
Pour en lire plus sur Abidjan.


Parc National de Taï
Taï constitue l’une des dernières forêts primaires en Afrique de l’Ouest. Le pays a coupé plus de 90% de ses forêts à des fins agricoles et commerciales. Récit du séjour:
- à Taï : suivi des mangabeys et des colobes rouges.
- à Djouroutou : suivi des chimpanzés.



Man, la ville aux 18 montagnes
Manlé, la fille unique du patriarche Gba, jadis sacrifiée au dieu et enterrée vivante dans la forêt de Gbêpleu, prête son nom à la ville. La forêt est désormais devenue sacrée et l’accès y est interdit aujourd’hui. Elle abrite une population de macaques (également sacrés) que les habitants et les touristes nourrissent de bananes, car la forêt est progressivement exploitée (forêt sacrée, tu parles !) et il n’y reste pas assez à manger pour ces petits singes.



La danse des masques du peuple Yacouba
Une journée dans la vie de la tribue Yacouba : danses rituelles, chants et masques.
Le village que nous avons visité s’appelle Silakoro et se situe au nord-ouest du pays, près de la frontière avec la Guinée. Il est habité par le peuple de Dan, également appelé Yacouba, appartenant au groupe Mandé. Son organisation sociale est patriarcale avec un chef à la tête du village, à qui nous avons d’ailleurs demandé la permission de leur rendre visite avant notre arrivée.

Le nord ivoirien, c’est le domaine de la savane, de la chaleur et des mangues. Ces mangues dont la chair devient, à chaque pas que l’on fait vers le nord du pays, plus douce et juteuse.
La Côte d’Ivoire se situe à cheval entre le climat équatorial humide du sud et le climat semi-aride du nord – avec sa chaleur impitoyable, d’ailleurs à l’origine de la savane. Lors de la saison sèche, en janvier et février, l’harmattan, vent sableux du Sahara, assoiffe tout sur son passage et couvre les villes et les manguiers d’une couche de sable ocre.

Le golfe de Guinée : Grand Bassam et Assinie
Le sud ivoirien est le royaume des palmiers, des surfeurs et des plages paradisiaques jalonnées des cocotiers. Le climat ici est équatorial – très chaud et humide. C’est ici que l’on a choisi de passer nos derniers jours en Côte d’Ivoire, sur les plages de Grand Bassam et d’Assinie.
Récit du séjour dans le Golfe de Guinée: l’histoire du colonialisme français en bref à Grand Bassam, les plages d’Assinie et les forêts de mangroves du Parc National des Îles Ehotilés.
Pour en lire plus sur le golfe de Guinée et Grand Bassam.

Une fois sur place
Se déplacer
La façon la plus efficace pour vous déplacer en Côte d’Ivoire est de louer une voiture. De nombreuses sociétés de location vous proposeront également les services d’un chauffeur. Si on compte aller au parc national de Taï ou à Sassandra, on aura besoin d’une voiture solide. Pour Grand Bassam et Assinie, une voiture ordinaire sera largement suffisante. On a décidé de louer une voiture tout-terrain (Mitsubishi Pajero) avec un chauffeur. Le prix de la location d’un 4×4 varie entre 65 000 et 100 000 CFA par jour (100 à 150 euros). Le prix d’une voiture normale oscille entre 30 000 et 50 000 CFA par jour (45-75 euros).
Assurez-vous à l’avance que le prix comprend la rémunération et l’hébergement du chauffeur, sans oublier le carburant. Je vous conseille de le payer vous-même à la station d’essence, sinon la société de location vous demandera de le payer en amont, et trouvera toujours à justifier son prix élevé : parce que les routes sont pourries, le trajet est long et la voiture consomme beaucoup de carburant. En Côte d’Ivoire, comme partout en Afrique, il faut tout négocier à l’avance – le premier prix annoncé sera toujours largement exagéré.
Si vous n’avez rien contre un voyage un peu plus long, vous pouvez opter pour les transports en commun. Les grandes villes sont reliées entre elles par un réseau de bus ou minibus appelés également les gbakas, « cercueils ambulants » ou bien « cacahuètes roulantes ». Pour joindre les endroits un peu moins accessibles, comme Taï, il faut s’armer de patience – les bus circulent seulement une ou deux fois par semaine. Il vaut mieux se renseigner sur place.




Les Ivoiriens sont extrêmement gentils et accueillants, leur compagnie ne peut être qu’enrichissante. Cependant, ce qui n’encourage pas les voyages en gbaka, c’est l’état épouvantable des routes, les nombreux accidents et les pannes des véhicules qui peuvent vous bloquer pendant de longues heures ou jours.
Sans hésitation, je recommande notre chauffeur, Koné – un monsieur adorable qui vous ramènera en un seul morceau après vous avoir fait parcourir le pays en long et en large en vous racontant beaucoup d’histoires intéressantes sur la vie des Ivoiriens.
Le transport aérien est une option pour ceux qui comptent les heures précieuses de leur séjour. En fait, pour gagner du temps, on a décidé de prendre un vol de Korhogo à Abidjan avec Air Côte d’Ivoire. Les billets sont assez chers – il faut compter au moins 100 euros pour un aller simple en classe économique.


L’aéroport de Korhogo ressemble un peu à une supérette avec des files de chariots attendants les clients devant ses portes. On est arrivées 3 heures avant le départ pour trouver porte close – il n’y avait personne à l’horizon.
Au bout d’un bon moment, les passagers et le personnel de l’aéroport ont commencé à apparaître. Le vol était à l’heure et après 50 minutes, on s’est téléportées de la terre chaude du manguier vers la sombre et humide Abidjan.
Paiements
Le franc CFA, officiellement franc de la Communauté financière africaine, est le nom de deux monnaies communes et utilisées par 14 pays d’Afrique :
En Côte d’Ivoire, vous allez payer principalement en espèces. Cela vaut la peine d’avoir sur soi des pièces et des petites coupures car il n’y en a pas beaucoup en circulation. Dans chaque grande ville, vous pourrez facilement trouver un distributeur, mais pas forcément en état de marche.

La cuisine ivoirienne, ça pique !
Attention, la cuisine ivoirienne est très épicée ! Elle se base sur des produits largement disponibles tels que le manioc, l’igname, le gingembre, les arachides, le gombo, les bananes plantains, le poulet et le poisson. Les habitants de la Côte d’Ivoire adorent également la viande de brousse, et même l’épidémie d’ebola (2014) n’est pas parvenue à les convaincre que ca n’était pas forcément la meilleure idée. Le braconnage est donc à l’ordre du jour, malgré le risque des maladies tropicales ou des amendes.
Tout récemment, l’état a de nouveau interdit la consommation de la viande de brousse en raison de la pandémie récente du coronavirus ; peu de chance que ça change les habitudes des Ivoiriens.
Menu ivoirien
- Sauces servies avec du riz blanc : claire, graine, feuille, arachide, aubergine.
- Foutou – masse de banane douce servie avec du poulet ou du poisson.
- Kédjénou de poulet, lapin, pintade – ragoût de viande
- Ragoût d’igname – légume au goût de pomme terre.
- Alloco – bananes plantains frites
- Attiéké – semoule complète de racine de manioc.
- Bandji – vin de palme
- Bissap – boisson sucrée à base d’hibiscus et de ketmi oxalique.
- Fruits : mangues, bananes, ananas, papayes, oranges, noix de coco.
- Vous mangerez les meilleures mangues au nord du pays.
Sources
- Côte d’Ivoire, Petit Futé, 2019.
- Atlas historique de l’Afrique, Bernard Lugan, 2018.
- Groupes ethniques, Côte d’Ivoire Tourisme.
- Côte d’Ivoire, CEFAN.
- Covid-19 : la viande de brousse, toujours consommée en Côte d’Ivoire, malgré l’interdiction, 24.03.2020, Le Monde.













